P'tit Lu ... Champion es-féminisme !
P'tit Lu, nous l'appellerons ainsi, est un garçon qui a des convictions. Plein.
Par exemple, P'tit Lu est champion es-féminisme.
P'tit Lu est aussi végétarien. Ainsi il n'hésite pas à s'esclaffer devant un buffet bien garni en viandes diverses "Que de cadavres ... Ah moi, je ne mange pas de cadavres !". Peut-importe qu'il blesse et coupe l'appétit des personnes qui ont composé bénévolement le repas ... P'tit Lu est donc un garçon qui exprime ses convictions. Haut et fort.
Mais revenons à sa préférée : le combat féministe. Enfin, disons « sa » version du féminisme. Cette version qu'il a donnée à voir lors d'une manifestation consacrée aux logiciels libres. Un autre des fronts de notre infatigable convaincu.
Et P'tit Lu d'expliquer son idée de la chose : les filles seraient tellement mal accueillies dans les communautés du Logiciel Libre, voire exclues, qu'il était absolument scandaleux de n'avoir pas organisé des ateliers rien que pour elles lors de cette manifestation, des ateliers non mixtes donc. D'où l'on perçoit que notre P'tit Lu est aussi, un peu, adepte de la discrimination positive.
L'organisation d'ateliers réservés aux filles ne me dérange pas... sauf dans le cadre d'une manifestation publique clairement affichée "ouverte à tous". Et donc à toutes, sans distinction, sans... discrimination.
J'ai bien tenté d'expliquer mon point de vue, étant moi-même femme impliquée dans divers projets "Libres" depuis plusieurs années et ne m'y trouvant pas si mal traitée par les mâles de la communauté. Il semble toutefois que je n'avais pas ma place dans ce débat. D'un ton docte, P'tit Lu me rétorqua "Ce que mes amies filles veulent faire ce n'est pas ce que tu fais. Elles veulent écrire du code. Toi, tu fais du social, tu ne codes pas !".
Surprise et quelque peu désarçonnée, à la fois par l'apparition d'une catégorie "travailleur social en milieu OpenSource", qui m'avait d'autant échappée que l'on semblait m'y ranger, et par la connaissance que P'tit Lu pensait avoir de mes faits et gestes, je me contentais d'articuler : "Heu ... Sais-tu vraiment tout ce que je fais au quotidien ?"
La réaction fut immédiate : "Tu codes ??? ...(petit silence froid)... Toi ???"
Pour saisir l'ampleur de son offusquation, prononcez cette phrase avec dans le "Tu codes" toute l'incrédulité du monde et dans le " Toâ ! " une dose massive de mépris.
Une phrase comme une bombe glacée, qui laisse tout le monde dans un silence figé,
L'heure était aux révélations, l'ambiance venait de virer à l'auto flagellation. Notre P'tit Lu venait de se prendre tout seul les pieds dans le tapis, notre P'tit Lu venait tout bonnement de s'émietter, le bel édifice de son "féminisme informatique" s'écroulant soudainement sous le poids de bêtes erreurs d'appréciation sur mon humble personne.
Dommage, on aurait presque pu y croire.
C'est le risque que l'on prend souvent, en forgeant des convictions sur des préjugés : celles-ci ne relèvent, au fond, que d'une forme primaire de totalitarisme de la pensée, et s'effondrent à l'apparition de la simple réalité des choses.
Avec un clin d'oeil à mon vieux pote Aldébaran, dont le blog "Le suiveur des choses" n'est pas en manque de "féminisme", voir par exemple "Le sexe des bulltozers"
2 commentaires
Tout d'abord c'est quand même plus sympa de signer ses commentaires.
Ensuite deux remarques sur le fond :
- Le fait de savoir "coder" est-il vraiment la seule compétence nécessaire à l'émergence et la conduite d'un projet informatique ?
- Comment sont calculés le pourcentage de femmes présentes dans le libre et dans l'informatique propriétaire ? Quelle est la place de ces femmes ? Bref quel est le protocole de chaque étude. Il est difficile d'ajouter une quelconque crédibilité à des taux sans connaitre les biais qui peuvent influencer leur calcul.
Cordialement
chantal BP