Journal d'un passage
Mises au point
Samedi 18 Janvier
Judith est partie, hier, à Paris pour deux jours.
La journée se passe bien grâce au concours actif de Mamie Louise qui garde les trois petits pendant que Charles accompagne Emmanuelle au Conservatoire : examen de solfège qui ne se passe pas mal semble-t-il.
Coup de fil de Amelle : elle veut voir Farez tout de suite. Mamie Louise est encore là. Ouf !.
Charles part à l’hôpital avec Farez qui restera presque une heure avec sa mère. Amelle a l’air très fatiguée elle parle peu. Charles cherche à la rassurer : “Farez va avec plaisir à l’école, il fait bien du vélo, ..” Farez reparle de son vélo rouge qui l’attend chez lui. Amelle l’interrompt : “on s’en fout du vélo rouge“. Elle ne parle plus de sortir et semble bien déprimée. Farez dit s’être un peu ennuyé. Il lui a raconté la piscine et la fessée. A l’occasion d’un coup de fil de Judith, Amelle demandera des explications qui, dira-t-elle la satisferont.
Amelle n’a, elle non plus, aucune nouvelle de Madame Flagonard qu’elle pense toujours en vacances !. Bravo le “service” !.
Lundi 20 Janvier
Enfin, Charles et Judith vont avoir un interlocuteur. A force de réclamer, une réunion est prévue à l’Aide Sociale à l’Enfance avec Madame Loiseau inspectrice du service, Madame Flagonard et Hervé Henri. Madame Herbier assistera à la première partie de la réunion avant de s’absenter car elle a un rendez-vous.
Nous sentons le fameux service complètement désemparé. Jamais des travailleurs sociaux n’ont arboré mine aussi basse ! Seule Madame Herbier ne paraît pas abattue, d’ailleurs elle pense à deux familles à qui elle pourrait, éventuellement, parler de Farez.
Judith et Charles déballent tout : leur nom donné à Amelle avant qu’ils soient contactés, l’absence totale de relation avec Madame Flagonard (à part le 23 décembre), la recherche de renseignements inconnus du service et sans aucune aide de celui-ci (école, psychologue, médecin,…), l’absence de tout coup de fil de la part de Madame Flagonard, même depuis sa reprise de travail “j’étais trop angoissée par ce dossier” bredouille-t-elle devant l’inspectrice !
Judith pose ses conditions. Madame Loiseau dit oui à tout :
Farez n’ira pas dans un foyer ou quelque structure collective que ce soit.
- Le service cherche une famille mais les présentations se feront, en douceur, en passant par Judith et Charles qui présenteront cette famille comme des amis. Et c’est eux EXCLUSIVEMENT qui les gèrerons.
- Les contacts avec le médecin qui suit Amelle seront gérés par Aides.
- Judith assurerera les contacts avec l’hôpital d’enfants.
- Charles donne huit jours au service pour présenter un projet d’accueil familial cohérent.
Mercredi 22 Janvier
Rendez-vous avec Madame Bonconseil, pédopsychiatre, qui reçoit très gentiment Charles et Judith. Elle les déculpabilise complètement : la situation est effectivement très dure.
Elle les encourage à garder le même langage : Farez est chez eux en dépannage, il partira un jour avec sa maman ou dans une famille. Quant aux questions à rallonge de Emmanuelle, il ne faut pas donner plus d’explications que nécessaire car le trop d’explications semble toujours louche aux enfants.
Les parents n’ont pas, non plus, à discuter avec eux, sur le même pied, quant à l’avenir de Farez. Il y a des décisions que les parents prennent sans l’avis des enfants car ce serait encombrer les enfants de choses trop lourdes à porter pour eux ; d’autant que c’est déjà bien lourd pour les adultes. Les enfants doivent pouvoir vivre leur enfance et les parents doivent assumer ce qui est de leur responsabilité.
Vendredi 24 Janvier
Rendez-vous mensuel de Farez à l’hôpital d’enfants. Evelyne, de Aides, accompagne Judith pour que celle-ci puisse assurer son cours, à 13h, à la Fac. Evelyne s’est attachée à Farez, c’est très visible, d’ailleurs elle dit qu’elle continuera à l’accompagner pour ses hospitalisations de jour.
Judith localise le bureau de la psychologue qui a (un peu) suivi Farez et refuse obstinément d’en partir avant d’avoir rencontré la dite psychologue. Plane dans l’air l’appel aux services de sécurité du CHU. Judith ne faiblit pas, et, quand la psychologue arrive elle ne lui laisse pas le temps de s’asseoir et lui dévoile la situation.
Stupeur de la psy … elle va voir Farez aujourd’hui et envisager un suivi avec lui.
Ouf, un autre point mis au net !
Farez reçoit ses perfusions avec beaucoup de philosophie. “RAS” dit le médecin, toujours très aimable, mais bien froid. Farez a grossi de 500 grammes… c’est toujours ça !, il va bien, Judith est un peu déçue que le médecin n’en soit pas enthousiasmé, tout au moins ne manifeste pas d’optimisme.
Pages: 1 · 2 · 3 · 4 · 5 · 6 · 7 · 8 · 9 · 10 · 11 · 12 · 13 · 14 · 15 · 16
Commentaires en attente de modération
Cet article a 4 réactions en attente de modération...