Journal d'un passage
Services … sociaux ou asociaux ?
Lundi 13 janvier
Mamie Louise a passé deux jours dans la famille, deux jours bien agréables pour tout le monde ! Elle imagine que Farez restera définitivement dans la famille puisque tout le monde s’est attaché à lui. Sans trop argumenter Charles explique que cela est impossible. Des pressions affectives commencent. Et, bien sûr Mamie Louise ne peut concevoir que cet enfant reparte. Elle qui a connu une vie affective difficile ne peut dissocier “départ vers autre chose de préparé” et “rejet pur et simple”.
Mardi 14 janvier
Judith rencontre le médecin qui suit Farez. Il lui consacre une heure et demie de son temps. C’est fantastique ! Ce qu’elle découvre l’est nettement moins !
Farez a déclaré la maladie. Le pronostic vital n’est pas très optimiste : quatre ans !
Quatre ans ??? Vision fugitive d’un petit corps immobile, de deux grands yeux fixes aveugles à jamais ….
Après tout qu’est ce qu’un pronostic ? Un pari sur l’avenir ? Eh bien Judith est prête à prendre le pari inverse …
Au cours de la discussion, il apparaît que Farez, comme tous les enfants suivis à l’hôpital de jour pour infection à VIH, est suivi par un psychologue.
Le médecin fait plusieurs essais infructueux pour contacter le psychologue dont il a donné les coordonnées à Judith et que Farez devrait rencontrer à nouveau le 24 de ce mois.
Judith se dit qu’il aurait fallu réagir rapidement quand la maman de Farez a quité la maison de repos pour l’hôpital. Elle tente d’imaginer les peurs de Farez : le papa prenait des médicaments, il est allé à l’hôpital, il est mort ; la maman prend les mêmes médicaments, va à l’hôpital, … et Farez prend lui aussi des médicaments similaires ! .
Dès la fin des fêtes, qui avaient en peu occulté le phénomène, Charles et Judith avaient pris conscience de ces angoisses.
Ils ignoraient toutefois l’accompagnement de Farez par un psychologue de l’hôpital d’enfants, le “service social” brillait par son absence et une pseudo-éducatrice tentait de saper la confiance que Amelle avait en eux !
Ils ont consacré une énergie, parfois quasi désespérée, pour reconstituer un puzzle bien embrouillé et pour obtenir des renseignements que le “service” aurait du posséder et leur transmettre. Ils ont fait, en ce qui concerne Farez, et depuis le début, TOUT le travail du dit “service” !
Mercredi 15 janvier
Piscine pour tout le monde l’après-midi. Heureusement que Charles est vif ! Farez est entré dans l’eau dès l’arrivée, sans les manchons. Bien sûr il a coulé ! Charles l’a repêché aussitôt, et lui a administré une fessée. Farez est ravi … par la fessée, il a du sentir la peur de Charles pour lui, et donc son intégration affective dans la famille ! Il a à peine crachouillé, a mis ses manchons et est retourné immédiatement à l’eau !. Il progresse et ça lui plaît !.
Toujours aucun signe de vie du “service”. Madame Flagonard a pourtant repris son travail lundi et il y a presque toujours eu une présence à la maison. Madame Herbier lui a pourtant demandé d’appeler … Judith en est sure, elle ne cherchera même pas à les contacter d’ici le 20 !. La colère monte !
Jeudi 16 janvier
Coup de fil à Amelle. “Ca va mieux ?” demande judith. Amelle “ne sait pas et a envie de mourir“. Judith lui rappelle qu’elle peut parler à Farez quand elle veut.
Judith contacte le médecin qui suit Amelle, mais visiblement Judith et Charles ne sont pas des interlocuteurs corrects. Il a “la Dass” plein la bouche. C’est à elle, dit-il, de prendre une décision. Il ne peut, émettre aucun pronostic quant au rétablissement de Amelle. Il veut mettre le service social de l’hôpital dans le coup. Judith oppose un refus poli mais ferme : il y a assez de travailleurs sociaux inefficaces dans cette histoire !.
Bien évidemment le médecin qui a l’habitude de décider à la place des autres n’en fait qu’à sa tête … Charles reçoit en fin d’après-midi un coup de fil de l’Assistante Sociale STAGIAIRE de l’hôpital. Il n’a rien contre les stagiaires mais il trouve vraiment scandaleux de se décharger d’un dossier aussi peu clair sur une personne inexpérimentée qui risque de s’y casser les dents. D’une petite voix la stagaire demande si la famille accepte de garder Farez jusqu’à la sortie de Amelle. Charles s’en quiert : “dans quels délais approximatifs peut-on envisager sa sortie ?” Réponse : “secret médical” (sic !). La bonne blague !.
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