Journal d'un passage
Inquiétudes
Lundi 6 Janvier, la rentrée
Reprise de l’école à la Maternelle Louise Michel. Farez est toujours avec là, et l’éducatrice n’a pas refait surface depuis le jour où elle a conduit Farez chez sa maman.
La Directrice demande quel doit être son statut : si la situation perdure elle souhaiterait l’inscrire officiellement, mais ceci requiert une radiation des listes de l’école fréquentée auparavant. Il paraît difficile de prendre ce type de décision. Une entente entre les deux écoles serait la meilleure solution. La Directrice approuve.
Judith et Charles ignorent dans quelle école Farez était inscrit. Et Farez dit ne pas s’en souvenir. Contact avec l’Aide sociale à l’Enfance, bien évidemment, madame Flagonard est absente toute la semaine et madame Thibaut, sa collègue ne trouve rien dans le dossier, RIEN !. Elle suggère à Judith d’appeler l’Inspection Académique qui pourrait indiquer l’école du quartier de résidence d’Amelle. Est-ce vraiment à Judith d’accomplir ces démarches ? Oui, oui, le sercie est débordé, ça ira plus vite ainsi ! Bon, pour Farez Judith n’hésite pas!
Il s’agit de l’Ecole Beauregard. La Directrice est ravie de de l’appel. Non prévenue, elle s’inquiétait des absences de Farez. Elle propose de garder Farez inscrit entre parenthèses dans son établissement. Ses coordonnées sont transmises à la Directrice de l’Ecole Maternelle Louise Michel qui gèrera les contacts en toute discrétion.
Mardi 7 Janvier : Les inquiétudes d’Emmanuelle
Emmanuelle a encore fait pipi cette nuit, comme hier, deux fois dans la nuit !.
C’est une petite fille hypersensible. Ressent-elle les incertitudes de ses parents face à la situation de Farez ? Ressent-elle les inquiétudes de Farez ?
Emmanuelle discute volontiers. Il semble que le dialogue fonctionne bien. Elle dit ne pas être inquiète et ne pas penser à des choses pas heureuses. Alors, pourquoi ?
Mercredi 8 janvier
Ca ne peut plus durer, il faut faire quelque chose. Si les services sociaux sont absents, Judith et Charles feront sans eux !. ils voient maintenant d’un autre oeil les “familles d’accueil” officielles, Comme elles doivent pâtir ! A la fois livrées à elles-même et ne pouvant agir sans l’accord “DU SERVICE”, comme l’on dit !
Le tempérament frondeur de Judith s’accompagnerait mal de cette soumission imposée. Elle a tout refusé en bloc, le statut et la rémunération qui va avec, elle se sent dont libre, libre de toute initiative pouvant apaiser les enfants.
Elle contacte Madame Regner, psychologue au service des adoptions, certes celle-ci ne veut ni ne peut s’immiscer dans le dossier Farez … - Sûr, d’autant qu’il n’y en a pas de dossier, Juddith l’a bien constaté lors de la recherche de l’école de Farez ! - mais elle est de bon conseil et Judith et Charles ont toute confiance en elle.
Elle comprend bien le problème et confirme la surprise que Judith et Charles ont ressentie de sa part quand ils l’ont informée de l’accueil temporaire de Farez. Il faut dire qu’ils ont ouvert un dossier de demande d’adoption d’un « grand frère », projet murement réfléchi, discuté et décidé avec les trois enfants.
Certes il faut faire quelque chose : il serait sans doute bien de faire aider l’enfant par un service psy. Mais, avant d’agir, il est indispensable de recueillir le consentement de Amelle. Hélas Madame Flagonard est absente (refrain connu !). Hervé Henri de Aides accepte de faire la démarche dès le lendemain.
Madame Herbier consultée précise que les rendez-vous avec les psy de l’aide sociale à l’Enfance sont à prendre longtemps à l’avance. Elle en parlera à Madame Flagonard dès le retour de celle-ci.
Parallèlement Judith prend rendez-vous avec Madame Bonconseil, éminente pédopsychiatre, afin de bénéficier d’un regard extérieur compétent, par rapport à Emmanuelle, Samuel et Clara : comment leur parler de la situation sans blesser Farez.
Mercredi 8 janvier, après midi
Hervé Henri a rendu visite à Amelle mais il a « oublié » de lui parler du psychologue. « Bah, dit il, ça à l’air de rouler, non, Charles et Judith assument bien n’est ce pas ? »
Judith est furieuse devant cette indifférence manifeste. Elle va sur le champ voir Amelle.
C’est impressionnant, Amelle est en isolement absolu donc masque, blouse et gants de rigueur. Les enfants ont préparé un petit sous-verre avec des photos de Farez, à Noël. Amelle est très contente. Elle comprend que son fils se fasse du souci : il a vu son père malade prendre des médicaments, aller à l’hôpital et mourir. Elle serait d’accord pour qu’il soit accompagné par un psychologue. Elle explique qu’elle va bientôt sortir et qu’elle partira avec Farez chez ses parents. Elle a subi une batterie de tests complémentaires. Les médecins attendent les résultats. Pour l’instant elle n’est pas en sida déclaré. Il est probable que, pour cette fois ci, elle s’en sorte. Mais quand ? et pour combien de temps ?. Nous ne savons que penser.
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